Fadima Tall

       Il faut le dénoncer ! La candidature de la dame Fadima Tall qui lorgne, en ces jours sombres du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) à Louga, le très prisé fauteuil de présidente du Mouvement des femmes libérales de la commune de Louga, est risible, voire inconcevable.

    La date des élections en vue des renouvellements de cette instance féminine du parti d’Abdoulaye Wade est annoncée pour bientôt. Sur ce, je m’érige en sentinelle rigoureuse des intérêts des Lougatois afin de faire comprendre à mes concitoyens de tous les bords les fatalités qui font obstacle à une telle candidature. Elles sont plusieurs certes, mais la seule qui vaille d’après mes nombreuses questionnements apparaît sous la forme d’une interrogation cruciale : comment un inconnu des Lougatois a pu avoir  l’idée de s’investir dans le champ politique de la commune sitôt que des élections sont annoncées ? Cela m’intrigue !

    Bien qu’elle soit Lougatoise, et elle aime bien le rappeler d’ailleurs dans la presse comme s’il y avait anguille sous roche concernant l’authenticité sur sa « nationalité régionale », Fadima Tall demeure encore inconnue dans la capitale du Njambur comme Samba Souna, le prétendu nouveau patron de l’UJTL de Louga. Elle reste une énigme pour nous. Nous avons voulu savoir si elle a toujours manifesté un intérêt pour le développement de Louga. Elle semble avoir roulé sa bosse un peu partout. D’abord, elle militait pour le PDS à Saint-Louis, puis à Dakar, enfin à Louga pour cette même formation politique. Où lorgnera-t-elle demain ?

    Dans tous les organes de diffusion publique afférents à la région, on n’enregistre pas, à part les quelques échos sur sa présente campagne, des passages historiques où elle plaide pour le compte de « sa » ville, de ses populations. Contrairement à ses adversaires dont la pharmacienne Thioro Ndiaye Ndiongue ou encore l’institutrice Fatou Ndiaye Seck, et dont les nobles paroles et actes se sont évertués à attirer l’attention des pouvoirs publics sur la ville du second président de la République du Sénégal.

    Je ne vais pas insister sur l’étalage de leurs nombreuses actions locales et nationales qui ont fait boule de neige. Seulement, convenons simplement que, sinon leurs visages, du moins leurs voix peuvent être facilement identifiables par les populations, même les plus sceptiques en politique. Elles ne font pas recours à des affiches ou prospectus où la forte crème de maquillage enduit sur le visage du protagoniste nous fait oublier la tonalité du discours politique et nous laisse penser à une élection de « driankés ».

    Si ce n’était l’image du Président Wade collée aux cotés de Fadima Tall, je parierai que c’est une nouvelle cantatrice voulant nous faire découvrir une production musicale.

    La vérité pendante demeure simple à saisir : il sera impossible pour nous de nous familiariser de sitôt avec le visage de cette fonctionnaire officiant à l’Agence nationale de promotion touristique (Anpt). Auréolée certainement par les propos dithyrambiques qu’elle a reçus de quelques élus locaux, puis du ministre du Tourisme en le récent décembre 2010, lors de l’ouverture officielle de la foire régionale de Louga organisée par la chambre régionale des métiers dans le cadre des activités du Fesfop, et en marge de laquelle elle a abattu – il faut le reconnaître – un travail salutaire pour sa tenue, Fadima devra faire preuve de patience et de persévérance pour pouvoir se faire une place dans la politique. Son mouvement « Taaru Ndiambour » – un nom qui est à lui seul tout un programme – vient d’égrener seulement deux mois. Qu’elle puisse aspirer prématurément à un tel poste enfreint l’éthique pour tout ce qui a trait au leadership. Ce poste, en effet, exige avant tout, pour son « occupant », la prouesse d’avoir vécu, pour une durée convaincante, avec les aspirations de ses sœurs. Des sœurs qui regrettent toujours la disparition de grandes dames lougatoises qui ont eu à les soutenir considérablement telles les députés Rokhaya Seye Samaké et Aminata Laobé Lo.

    J’aurais mieux compris si elle descendait d’abord au niveau de la base politique pour travailler avec ses camarades qui ont longtemps « sué » pour les comptes des militantes et militants du parti. Mais hélas, les femmes risquent de voir leur scrutin bousillé. Le PDS souffre à Louga, il ne faut pas qu’on en ressente davantage. Déjà, L’UJTL est en ébullition. La partie majoritaire préfère baisser les bras afin de préserver sa dignité.

    Que la prochaine conférence nationale des jeunes vienne trancher la question pour que surgisse la vérité dans le camp des braves militants Amar Thiam et Atou Mansour Diop.

    Jusqu’ici, c’est aux observateurs et militants du PDS que je m’adressais. Toutefois, cela, loin d’être une diatribe, est un conseil ouvert à la candidate contestée, Fadima Tall notamment.

    Si actuellement, l’effervescence politique d’une campagne politique monnayée donne espoir à un prétendant d’un haut poste comme celui de présidente du mouvement des femmes libérales, pour une région aussi grande que Louga, dans un contexte où les exterminateurs sont déguisés en bonne compagnie,  je ne peux m’empêcher de l’avertir en pur wolof : « Neex ngonte xam fa ngay fanaanee ko geune ». La messe est dite.

Mansour GAYE

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Moubarack LoJ’allais parler, ce mois-ci, de la défection soudaine du groupe de jeunes lougatois qui s’est démarqué de l’UJTL, il y’a quelques semaines. Mais réfléchir sur la récente nomination de Moubarack Lo au poste de ministre conseiller auprès du président de la république l’emporte sur toute autre actualité politique de la ville. Cette nomination, quoiqu’on puisse en dire, est historique. Louga vient d’avoir son premier ministre sous Abdoulaye Wade. Mais, elle est peu enthousiasmante car étant décrétée très tardivement. Aussi, on vient de recevoir un « cadeau » spécial chez nous, mais banal dans beaucoup d’autres régions du Sénégal. Pourtant, ce cadeau nous est offert par un président issu de la région et qui vient de boucler onze ans de pouvoir. On sous-entendra qu’il ne lui reste que moins d’un an pour son mandat en cours. Non seulement le « cadeau » arrive en retard, mais apparaît comme « minime ».

Jusque-là, on ne comprend pas pourquoi le premier des Sénégalais oublie les fils du Njambur quand il s’agit d’occuper les plus hautes postes de responsabilité étatiques. Beaucoup de Lougatois se sont posés la question. Certains sont allés jusqu’à protester contre ce manque de considération par le biais de sit-in, marches contestataires et sorties médiatiques. Je parle bien de manque de considération puisque, malgré le dynamisme socialiste à Louga, le PDS arrive à remporter plus de voix dans la région que n’importe quelle autre formation politique lors de certaines joutes électorales. La dernière élection présidentielle peut en témoigner. Mieux, les archives politiques montrent aussi que Louga a toujours soutenu Abdoulaye Wade et son parti. Cette relation remonte à 1978, suite aux heurts politiques qui ont marqué la fédération du parti socialiste et qui avait causé la défection provisoire de grands militants tel Mansour Bouna Ndiaye. En ce moment-là, les militants n’étaient pas nombreux. L’un des pionniers fut le directeur d’école Amath Sylla Sarr. Comptabilisons aujourd’hui !

Il est donc évident que les lougatois ont le droit de réclamer une meilleure attention du régime libérale à leur endroit. Mais faut-il rappeler que tout dans l’Etat n’est pas parti politique. Je tenais à dire cela puisque la nomination Moubarack a créé une grande frustration chez les libéraux de notre ville. Ceux-ci arguent que la personne qui occupe ce poste devrait sortir du cercle des militants de Wade qui ont souffert pour assurer le triomphe de la fédération communale. Ce n’est pas une prérogative légitime. Et depuis, les critiques fusent de partout. Même si certains avancent que le nouveau ministre lougatois est imbu de sa personne, je constate que ce « narcissisme » l’a mené à bon port.

Si seulement nous étions animés du seul souhait de voir un Njambur-Njambur ministre, nous devrions être alors satisfaits de cette nomination, tant soit peu. Je n’écris pas en tant que thuriféraire, mais c’est parce que je tiens compte des PV des revendications qui avaient eu lieu dans la ville. A chaque fois, nous disions simplement : « nous voulons un ministre ».

Maintenant ce ministre est là. Il est vrai que sa désignation à cette responsabilité présente quelques équivoques, que je garderais d’évoquer ici, mais qui sont de moindre mal et plus concluantes, comparativement aux éructations des libérations de Louga. Mais notre commune satisfaction de concitoyens devra se croiser seulement dans le seul fait que c’est l’expertise lougatoise qui est honorée. Moubarack fait partie, à coté des Cheikh Yérim Seck, Mounir Sy ainsi que d’autres intellectuels inconnus du grand public, des grands cadres de notre jeune région. Ils ne nous ont pas fait souffrir le fameux brain-drain.

Economiste et statisticien de son état, Moubarack Lo est diplômé de l’ENSAE-CESD à Paris. Il a également fait les plus grands instituts et universités du monde, pour se voir former en sciences politiques, telles que l’ENA et l’institut d’études politiques de Paris. Ila  aussi fait les amphis de Havard.

La chose la plus importante à dire et à espérer est qu’il s’acquitte de sa mission conformément aux exigences de l’éthique.

« Moubarack » est une appellation, mais vient d’un souhait. Il peut signifier « sois béni ». Pour ce nouveau poste du fils de Louga, je lui dis encore Moubarack ! Mais aussi : haut les cœurs !

Mansour Gaye

Qui était Imam Cheikh Tidiane Gaye ?

Imam Cheikh Tidiane Gaye

Avec Cheikh Ahmet Tidiane Gaye, disparait non seulement une personnalité docte de la langue arabe mais surtout un prêcheur charismatique de l’islam radical. Imam depuis quinze ans de la mythique mosquée de son guide Serigne Abass Sall, à Louga, Serigne Cheikh était en même temps l’inspecteur de l’enseignement arabe à l’IDEN de sa ville natale. Sa retraite administrative sonne avec la fin de sa mission temporelle car il devait quitter l’administration au mois de février 2011. Il figure parmi les plus grands conférenciers du Sénégal avec plus de huit cent (800) animations à l’intérieur comme à l’extérieur du Sénégal. Au demeurant, qui a connu l’homme en question, restera convaincu que Serigne Cheikh Tidiane Gaye fut comme Cheikh Khalifa Niasse, un chantre rémanent du soufisme et de la Tidjanya qu’il a représenté jusqu’à être son avocat légendaire dans notre pays.

UN CULTE DU SAVOIR

L’immense culture de Oustaz Cheikh Tidiane, ainsi que sa pédagogie patente dans l’enseignement arabe est l’exemplarité de la sagesse de ses illustres maitres que furent son grand-père Serigne Abass et Serigne Hady Touré de Fass. Ce dernier, après l’avoir testé à plusieurs niveaux dans maintes sciences religieuses, fit de lui la référence pérenne de l’assimilation des internes de Fass qui demeure l’une des plus grandes écoles coraniques du Sénégal. Cependant, il est important de savoir que son initiation coranique à débuté auprès de son père, puis à Ndiagne chez son grand-père El Hadji Modou Fat Dieng. Il avait une boulimie du savoir. Pour preuve, le meuble le plus indice dans son salon reste sa grande bibliothèque qui refuse de bouquins et de cadeaux acquis lors de ses conférences.

L’AGE DE RESPONSABILITE

Hormis ces deux icones de l’islam, diverses pérégrinations cognitives ont amené notre père en Egypte et au Lybie. A la mort, en 1975, de son père Serigne Assane Gaye, il avait vingt quatre ans. Alors étudiant en Libye, il renvoyait sa bourse accordée par l’Etat sénégalais et qui s’estimait autour de 17.000 frs, pour pouvoir aux besoins de sa mère. En tant qu’ainé, il sentait le devoir du père.

Dans cette contrée nord-africaine, il sortit major de sa promotion. En le recevant, le président Mouammar Kadhafi  l’offre la nationalité libyenne afin qu’il puisse enseigner dans les universités du pays. Devenant ainsi frais émoulu, Oustaz Cheikh s’incline face à cette offre car ne tenant qu’à servir son Sénégal et s’occuper de ses frères orphelins.

LE DIGNE « POULAIN » DE SERIGNE ABASS

Dès son retour, Cheikh Tidiane se rapprocha de Serigne Abass Sall qui, à force de l’initier dans les méandres du soufisme et de la Tidjanya, fait de lui son confident et son scribe. Il voyait en lui son héritier spirituel légitime, voire présomptif. Ainsi avant sa mort en 1990, le marabout confie à son « poulain » l’intégralité de ses manuscrits. Il lui gratifie du « idjaaza » et du « itlaakh » qui sont les plus hautes distinctions honorifiques dans la sphère des dignitaires tidianes. D’ailleurs, Serigne Cheikh Tidiane a divulgué l’œuvre littéraire de Cheikh Abass à travers le monde, en éditant la plupart de son important legs. En 2003, il dédie à son maitre un livre franchissant presque trois cents (300) pages.

UN BRILLANT PEDAGOGUE

Serigne Cheikh Tidiane Gaye en conférence

Serigne Cheikh Tidiane Gaye en conférence

Se fiant à la recommandation divine, Serigne Cheikh fait parti de ces connaisseurs qui partageaient gracieusement leur connaissance avec qui le veut. Même ses cours dominicaux de grammaire arabe (nakhu) refusaient du monde les lundis, chez lui. Il fut pendant un moment le directeur de l’Institut « Al Khanafiyat » de Louga. A l’Ecole de Formation des Instituteurs (EFI) de Louga, il se chargeait de la formation des volontaires de l’éducation. Avec sa principale fonction administrative, l’inspecteur Cheikh s’acquittait de son travail avec une intransigeance absolue. Ce qui a développé un grand respect de la part des enseignants qu’il encadrait. Nombreux sont les instits arabe du pays qui ont fait de lui leur principal guide en enseignement. Pour ses services rendus à l’éducation nationale et à la nation sénégalaise toute entière, il s’est vu attribué le grade de Chevalier National de l’Ordre du Mérite par le président Abdoulaye Wade.

UN AUTEUR FECOND

Heureusement pour la postérité, l’inspecteur Cheikh Tidiane Gaye a réussi à finir dix-huit (18) livres traitant différents sujets essentiels. Ces productions tournent autour du soufisme, de la tidianya, de l’enseignement arabe, etc.

En 1997, pour une réplique à des détracteurs et débineurs de la confrérie de son homonyme Cheikh Ahmet Tidiane Cherif, la Tidjanya, il publie « Kitaabu taqkhdiis ». L’avènement de ce livre-réponse sera magnifié au sein de la plus haute hiérarchie tidiane du Sénégal. Parmi ceux-ci : Cheikh Tahirou Doucouré, Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Maktoum, Serigne Abdou Aziz Sy Al Ibn, Serigne Mansour Sy Djamil, Serigne Maodo Touré, Sidy Lamine Niasse, Imam Assane Cissé, etc. L’amour et la considération qu’il vouait à son homonyme s’en fut allé jusqu’à ne pas répondre à toute personne qui ôte de son nom « Tidiane » pour lui dire « Cheikh Gaye ».

Un autre livre du genre dénommé « Laa yafkhahuuna (Ils ne comprennent pas)» revigore depuis 2009 tout fidele soufi. Loin de tergiverser dans ses positionnements de défense du soufisme, les dépositions de Serigne Cheikh reposent essentiellement sur le Coran et la tradition prophétique. Encore, pour la promotion de la langue officielle du Coran, il a produit des œuvres comme « Aniis (le compagnon)» et d’autres guides didactiques pour l’enseignant de l’élémentaire.

Oustaz Cheikh Tidiane GAYE

Oustaz Cheikh Tidiane GAYE

A cela, il faut ajouter ses bouquins consacrés à la vie et l’œuvre d’illustres personnages de l’islam que sont : Serigne Abass Sall, Serigne Hady Touré, Cheikh Ahmed Iyane Sy de Saint-Louis, Khaly Madiakhaté Kala ; le plus récent, écrit en 2010, parle de Cheikh Khalifa Niasse de Kaolack. Par ailleurs, deux manuscrits attendent d’être publiés par sa maison d’édition « Dar el Kitab ». Ils portent sur l’itinéraire de son père Serigne Assane Gaye et de Serigne Ibrahima Mbaye de Louga. Ce qui restera remarquable dans les développements de l’auteur, c’est sa capacité d’exalter ces chefs religieux sans être dogmatique.

UN CONFERENCIER EXEGETE

En dehors de ses sermons dans la mosquée de Louga qu’il dirigeait, Serigne Cheikh Tidiane Gaye est plus connu avec la casquette de conférencier islamique. En savant exégète, il avait le don de l’interprétation avec une parfaite élocution. En atteste les nombreux témoignages de Serigne Sam Mbaye à son égard pour sa parfaite assimilation des fondements du soufisme.

Il était sollicité partout, devenant ainsi un éminent pourvoyeur de connaissances. Ses destinations pour divulguer l’enseignement islamique n’avaient pas de bornes dans le pays et transcendaient même toutes les familles religieuses. C’est ce qui explique ses conférences tenues dans de nombreuses cités religieuses comme à Touba, Tivaouane, Ndiassane, Thiénéba, Sokone, Médina Baye, Léona Niasséne, Kourdane, Bambilor, etc. En dehors du Sénégal, il allait jusqu’aux Etats-Unis et au Maroc sur invitation des « dahiras » tidianes et fédérations confrériques de la diaspora. Grace à ses prêches œcuméniques, beaucoup parmi ses auditeurs de différentes confréries ont pu s’amender en l’avouant.

Pour le compte de la « Ummah » islamique, Cheikh Tidiane Gaye, disparu le vendredi 07 janvier 2010, a laissé une œuvre irréductible qui servira les musulmans pour les siècles des siècles.

Enfin, pour connaitre notre père, ce synopsis reste exhaustive, mais il y’a de ça.

Puisse Dieu l’agréer !

Que la terre de Gade* lui soit légère!

Mansour Gaye

*Le village de Gade, lieu-dit grâce à sa renommée d’être un creuset d’intelligence et de savoir qui a accueilli pour un long séjour le marabout El Hadji Malick Sy. Ceci, dans le but d’apprendre de notre aïeul Magaye Awa Dieye le livre capital qu’est le « lakhdariyou ».

Par son fils Mansour Gaye

 

Le candidat Cellou Dalein Diallo

Tout le monde le sait, au Sénégal, il existe une forte communauté guinéenne dont la majorité sont des « peuls 1». Cela se comprend si on sait que hormis leur voisinage, la Guinée et le Sénégal entretiennent de bonnes relations diplomatiques.

La majeure partie de cette communauté est composée d’hommes vivant parfois avec leurs femmes et leurs enfants. Ils s’activent autour du commerce de fruits exotiques, de la gérance de magasins d’alimentation générale ainsi que d’autres gagne-pains comme celui de cireurs ambulants.

Aujourd’hui, l’intégration de ces guinéens dans notre société est tellement visible. C’est pourquoi on assiste fréquemment à des cérémonies de mariages entre sénégalais et guinéens.

Raison pour laquelle, ils n’ont pas été négligés dans la programmation de toutes les étapes des élections présidentielles de leur Guinée natale, tant attendues par les observateurs du monde.

De ce fait, lors de la campagne électorale, on se croyait être en Guinée tellement la communication était bien passée. Les affiches de plusieurs des vingt quatre (24) candidats étaient à l’honneur sur plusieurs panneaux publicitaires dakarois.

A titre d’exemple, devant un imposant immeuble faisant face à l’hôpital Abass Ndao de Fann, on aperçoit un grand poster du candidat Alpha Condé de l’alliance Arc en ciel avec ce slogan fédérateur: « Ensemble pour une Guinée réconciliée dans une Afrique unie ». Cellou Dalein Diallo qui, d’après beaucoup de guinéens, reste le plus influent à Dakar, est aussi bien présent virtuellement.

Mais au Sénégal, une grande tristesse meut les partisans de Diallo qui est le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). C’est les violences ethniques éclatées en Guinée, il y’a quelques jours.  Avec ces violences, on assiste à l’agression des peuls à cause de leur choix porté sur le frère Cellou Diallo.

Heureusement pour les peuls de Dakar qui expriment leur choix sur Diallo sans aucune répression. Ils ont voté pour le premier tour au Stade Iba Mar DIOP avec vingt cinq (25) bureaux de vote, pour environ vingt deux mille (22.000) électeurs.

Leur joie c’est d’avoir voté dans la sérénité mais ils regrettent les vives tensions que vivent leurs parents vivants en Guinée pour avoir choisi Cellou Dalein Diallo.

En attendant le deuxième tour, ils prient pour un changement de situation.

1_ethenie et langue très considérées en Afrique de l’Ouest

Mansour GAYE

Un groupe de mendiants devant une voiture Photo: SEYLLOU/AFP

Apparemment, l’interdiction de mendier sur les voies publiques dakaroises ainsi que celles des autres régions du Sénégal tend à être mise aux oubliettes. Cette mesure prise depuis maintenant deux mois par les autorités de la République du Sénégal, n’a toujours produit l’effet escompté.

Pour preuve, la plupart des avenues et rues de la capitale sénégalaise, prises en compte par l’arrêté ministériel sont toujours occupés par des mendiants déjà avertis. Ceci, sous le regard complice des policiers chargés du contrôle.

Toujours, ils n’hésitent pas à courir vers une voiture coincée dans un embouteillage ou nouvellement stationnée pour demander de l’aumône aux occupants. Pour les piétons, c’est presque l’agression tellement la supplication pour donner quelque chose, tant soit minime, est critique.

Quant aux restaurants, boites de nuit et autres lieux publics, c’est dans la soirée qu’ils sont pris d’assaut par ceux qui craignent dans la journée une descente policière. Devant ces endroits on ne peut pas échapper à la vigilance de ces mendiants.

Pire dans les autres régions où le manque d’effectif noté dans les commissariats demeure un réel obstacle quant à l’application stricte de cette décision gouvernementale.

Des talibés mendiants devant un taxi

Des talibés mendiants devant un taxi Photo: radionetherlands.nl

Pourtant le gouvernement avait la ferme intention de régler cette situation patente qui au-delà des autochtones, aurait gêné des organisations financières influentes, par ailleurs partenaires du pays.

Malheureusement pour lui mais heureusement pour les mendiants. On peut le dire du fait que cette mesure débouche présentement sur un échec. Car, des étapes importantes ont été omises dans le processus de déguerpissement des candidats à la manche, à l’instar des pauvres, invalides ou de simples ‘’talibés1‘’ ayant pignon sur rue.

Parmi ces erreurs, on note d’abord le manque de mesure d’accompagnement pour une décision de si grande envergure. Normalement, il devait y avoir une compensation permettant à ses nécessiteux, dont la majeure partie est truffé de responsables de familles, de ne pas sentir leur « déménagement ».

Aussi, puisque les lieux de cultes (mosquées, églises etc.), sont choisis comme sites d’accueil pour certains « refoulés » des grandes artères du pays, des consultations auprès des responsables devraient être alors entreprises par les autorités.

Des mendiantes courant vers une voiture 4x4 coincée par un embouteillage Photo: Mansour Gaye

Pour ainsi dire, ce sont quelques unes des actions préliminaires sautées qui font que les quémandeurs, contraints à vivre comme chaque être vivant, ne peuvent pas abandonner leurs vielles habitudes, même si c’est le pire qui devait leur arriver dans ce pays de la ‘’téranga2‘’.

Mansour GAYE

1_élève d’école coranique

2_hospitalité

 

Nitdoff en concert à Iba Mar

Le chevronné rappeur lougatois Nitdoff était en concert au stadium Iba Mar Diop de Médina (Dakar) dans la soirée du samedi 23 octobre 2010. L’objectif de cet évènement populaire était l’occasion pour l’artiste basé en France de se retrouver non seulement avec son fidèle public, mais surtout de soutenir les initiatives de l’association Actions Solidaires pour les Sinistrés du Sénégal (A3S). Cette structure, composée de jeunes engagés, est au service des inondés de la banlieue dakaroise  et du Sénégal.

Nitdoff de Louga se donnant à fond

C’est pourquoi l’entrée au concert était libre et gratuite, mais il était proposé à tous les présents de participer volontairement et symboliquement avec un bien, pour aider les victimes des inondations, par le biais de A3S. Sur ce, des membres de l’association participante, faisaient le tour des tribunes pour la levée de fonds. Non sans oublier le stand installé à l’entrée du stadium pour amasser de l’argent ou tout autre bien offert.

La première partie de la soirée a été assurée par une cinquantaine de rappeurs à l’instar de Prisonnier, Crazy-Cool, Tigrim-Bi, Setou Rap bi, Ass bou DLB, Eutu Brain de Niary Tally, Crazy Cool, Sister-Dia etc. Du côté des artistes lougatois, l’ancien compagnon de Nitdoff Pee-Diamond, LG Sama Side, Menn-Mi, Metal-J ainsi que beaucoup d’autres seront de la partie.

Le rappeur Gaston au concert de Nitdoff

Du haut du podium, un graph « dessiné » sur place montre un Nitdoff préoccupé, les deux mains sur sa casquette portée, regardant deux jeunes stupéfaits qui se trouvent dans des zones inondées, avec des eaux insalubres. D’un autre flanc, une projection tantôt d’images, tantôt de vidéos mettait à nue la misère que vivent les inondés de la banlieue.

Nitdoff Killah au stadium Iba Mar Diop

Les lieux étaient pleins et Nitdoff lui, impatiemment attendu, viendra vers les coups de deux (2) heures du matin pour tenir en haleine son public nostalgique jusqu’à l’aube, avec son riche répertoire de Hip Hop « hardcore ». Avec la complicité de son fameux « beat maker » Mao, des sons comme « We Back », « Saturday Night », « Armel sa gun », « Clachnikov » … deviennent plus mélodiques et intensifs.

le rappeur Mame Kha au concert de Nitdoff

La prestation de Killah sera rehaussée par les deux nouveautés offertes au public que sont  « sunugal » et « gangstar egotrip ». Aussi l’irruption dans la scène riche en sons et lumières de ses amis Gaston, Keur-Gui de Kaolack, Simon et Sen Kumpe sera accueillie par les acclamations du public.

Le regretté rappeur Bourba Djolof du groupe Sen Kumpe se verra consacrer un moment de souvenirs et d’hommages de la part de Nitdoff et de ses frères.

Vers la fin de la soirée, les membres de l’association A3S viendront sur scène pour décorer l’auteur de « Ci Pet » et remercier le public de la forte participation dans la levée de fonds. Occasion pour l’artiste et par ailleurs leur collaborateur de sensibiliser d’avantage sur les actions de l’association.

La délégation lougatoise, forte de deux bus largement surchargés, était venue soutenir la tête de file de la formation LG Diwan Squad.

Rappelons que l’organisation de cette manifestation du leader de LG Diwan Squad a été assurée par la structure Gunzout Record et la radio urbaine Zik FM.

Mansour GAYE

IMAGES

 

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L'artiste lougatois Pee Diamond au concert de Nitdoff

Le Groupe de rap TIGRIM BI au concert de Nitdoff

Les étudiants haïtiens tant attendus par les populations et universités sénégalaises ont maintenant foulé le sol sénégalais. Devant un parterre d’autorités venu les accueillir, à commencer par des ministres de la République et de simples citoyens, ces jeunes apatrides ont eu droit à un accueil fraternel émouvant.

A travers les images de télévision nationale, la première remarque qui m’a éblouie, c’est la ressemblance hallucinante qui se dénote entre la gent sénégalaise et ces « allogènes » noirs.

Facile à concevoir si on sait que, hormis la peau noire qu’ils partagent avec nous, le premier et dernier bateau négriers qui avaient atterri sur Haïti (Domingue française) partirent du Sénégal.

Ainsi, ce départ forcé d’antan s’est chamboulé aujourd’hui en un retour décidé. Ce voyage d’étude, animé par le désir de s’armer intellectuellement et culturellement, n’a d’autre fin que de participer activement au futur, à la reconstruction d’une Haïti émergeante.

Vous voici dans le pays de la Téranga, terre d’hospitalité, creuset  d’intelligence et de savoir. Jadis, lieu de formation de maintes élites africaines, avec l’ancienne école fédérale William Ponty. Dans ce lot de « Pontins », on peut citer les chefs d’Etat Modibo Keïta,  Félix Houphouët Boigny et Maitre Abdoulaye Wade, ou encore le Président Mamadou Dia.

Ce geste du président sénégalais est à la fois historique et symbolique. C’est pourquoi j’appelle les sénégalais, surtout mes confrères étudiants à faire preuve de tolérance et d’hospitalité à l’égard de ces nouveaux venus.

C’est de ce traitement que naitra surement l’oubli de la récente catastrophe vécue par leur pays d’origine, et l’envie de puiser du savoir au Sénégal.

A travers vous, jeunes haïtiens, je sens les futurs gouvernants et constructeurs de cette nation-mère dévastée. Un pays soif de l’expertise de ses fils. A travers vous, je vois les futurs porte-voix du panafricanisme hors paysage d’Afrique.

Bienvenue chers frères et sœurs!, ekssileen ak diam !

A nous sénégalais et africains de vous guider.

Mansour GAYE